Le Lavoir - Romilly-sur-Andelle

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Le Lavoir

L'histoire à Romilly

Introduction

De nombreux résidents Romillois, dont je faisais partie à l’époque 1945-1955, ont connu l’eau à la pompe, le feu à la cheminée, le bois et le charbon avec les poêles, les cuisinières. Les latrines, qui était le mode d’assainissement de base, toujours la plus utilisée dans le monde entier.

Enfin, j’en viens à une pièce non habitable mais, fort utilisée, derrière laquelle pouvait se trouver la cave où se tenaient les tonneaux et les bouteilles à cidre, avec à côté, un petit coin pour le vin. Plus tard, la pompe à eau électrique viendra.

Cette pièce s’appelait et s’appelle toujours la buanderie où on y faisait la lessive, bien avant les machines à laver. Je me souviens qu’elle disposait d’un ensemble cimenté d’où une cheminée jaillissait du toit.

A l’intérieur, un volume unique faisait apparaître sur le dessus une grande bassine de cuivre jaune et rouge d’un mètre vingt de diamètre sur 60cm de haut, environ, où le linge bouillait après qu’en dessous dans une cavité appelée potin, on eut allumé le bois stocké pour chauffer l’eau et de l’extérieur, on pouvait voir alors des fumées blanches s’échapper qui annonçait, hé oui, qu’une lessive se déroulait.

Le linge y était lavé. Il pouvait y avoir des cristaux bleus de potassium, un excellent bactéricide, bien connu des marins en bordée, sous forme de permanganate. On y ajoutait, aussi ou pas, un peu d’amidon pour lui donner un lustre puis, une fois le linge retiré, l’eau savonneuse devenue tiède servait aussi à faire prendre des bains aux garnements de l’époque crottés jusqu’au cou. C’était l’époque du baquet.

C’était une autre façon de vivre, pas toujours facile, qui débouchait sur des corvées et celle de rincer le linge, en était une dans laquelle, à l’aide d’une brouette en bois avec ses deux côtés amovibles, les laveuses transportaient leur panier, draps y compris, vers le lavoir, un lieu aussi où s’entretenait tous les potins du coin dans le style : Ah ma pour ‘mère, tu ne connais pas la dernière, je ne te dis pas, si ! Si ! Dis le moi, j’dirai rien….etc. Bref, tout le monde savait tout, sauf celle qui n’était pas de corvée et qui pouvait être concernée. C’était déjà le journal de  l’Impartial, non expurgé, avant l’heure et, qui plus est, permettait de supporté les dures tâches, au jour le jour.

Le Lavoir de Romilly a fonctionné jusqu’au début des années 50 pour être démantelé vers 1955. Je me souviens qu’un ancien de Romilly, M. André Naudet m’avait dit que la suppression de l’appui en grès où on battait le linge avait demandé bien des efforts.
Puis il y eut ce mur de briques rouges affreux de séparation qui, sous mon mandat, nous avions fait abattre après avoir racheté la partie manquante.
Tout comme l’ancien socle du St George terrassant le dragon dans l’église, nous ne disposons pas encore de la moindre carte postale ou photo du lavoir : avis aux amateurs.


Dans mes souvenirs d’enfance, je garde l’image d’un endroit sombre avec un toit d’ardoise soutenu par des poteaux gris sales très étroits sur un sol de terre battu.
Les laveuses disposaient d’un garde-genoux et d’un battoir. On y lançait le linge comme pour un épervier de pêche. L’eau devenait alors laiteuse puis peu après reprenait de sa limpidité grâce à un courant qui éloignait les embarras sur un fond de graviers agréable à regarder. Ensuite, venait l’essorage à la main, une tâche éprouvante avant de sécher.
Voilà ce que j’ai gardé du lavoir et que je voulais restaurer dans le cadre d’un aménagement durable.

A cet effet, j’avais fait venir les services de la DDAF (direction départementale de l'agriculture et de la forêt) qui avaient diagnostiqué que les eaux pluviales de la rue St George, chargées en huiles moteurs, en se déversant dans le lavoir, créaient un milieu riche en nitrates qui engendraient ces algues vertes inconnues de nos ancêtres.

Fort de ce constat : certains me demanderont pourquoi je ne suis pas intervenu plus tôt entre 2001 et 2008 ?
Ma réflexion fut la suivante : j’arrivais en fin de mon deuxième mandat, L’étude de deux « PLU » (plan local d’urbanisme) avait abouti à un aménagement de territoire tel, que la population allait augmenter et qu’il me fallait très vite me pencher à une structure de 10 classes à créer, convertir le groupe Genevoix en maternelle, transformer l’ancienne maternelle en centre aéré où il fallait déjà pousser les murs, enfin reprendre Condorcet pour les archives, les associations, le syndicat de l’assainissement collectif, le non-collectif relevant de la CDCA (communauté de communes de l'Andelle).

Les études que j’avais engagées sur le lavoir coutaient trop chères à l’époque : 140.000€. Le problème de l’environnement était à revoir. Je voulais un environnement durable, en détournant les eaux pluviales, en recréant un fond uni avec de la marne et du gravier en pente douche vers le ruisseau, en virant les enrobés de ciment qui font obstacle aux sources (voir le mur). Un enfant, comme moi de Romilly, qui connaissait aussi le milieu, m’avait soumis un projet, en 1997, qui nous réunissait de façon raisonnable sur le coût. Les élections de 2008 en ont décidé autrement.

Le lavoir de Josselin (Bretagne)

Josselin est une charmante commune du Morbihan, en Bretagne, que j’ai pu visiter en 2011. Elle dispose d’un lavoir dont je vous invite à connaitre la légende des aboyeuses sur internet, à défaut de l’entendre sur le site, lors d’une visite.

En regardant, cet ouvrage, je me suis pris à penser au lavoir de Romilly. J’ai pu constater que contrairement à ce que nous avions fait, il avait gardé son aspect d’antan, tout comme nous avions pu le faire avec l’ancienne salle des fêtes, place des deux amants.

Son intérieur paraissait sombre, lorsque que marchait. Mes pieds ressentaient un sol de terre et, mon regard traversait une eau limpide sur un fond non dévasté. Les abords fleuris faisaient  ressortir des fleurs de pavot et, plutôt que du béton ferraillé, j’avais des dalles de pierre entre lesquelles l’air passait.

Eh pourtant, nous aurions pu, sur l’existant, imaginer un autre scénario !

Le nouveau lavoir

Ce  Cadre peut être agréable à voir sans égaler le bulletin municipal N° 67 de juin 2012.
Peut m’importe le camouflage photographique d’une vision féérique d’un ouvrage en trompe l’œil.
Mon appareil, moins performant, souligne plus la réalité que chacun peut voir tous les jours.

J’indique, sur une toiture, en état de délabrement, qui est constituée d’ardoises, que ce matériau était le plus utilisé. Mais, il est devenu cher.

On remarquera aussi la présente d’algues vertes sur le ciment qui est un signe de fortes humidités et que les sources, qui sont en dessous,  ne demandent qu’à sortir. Nous ne l’aurions pas sur une assise en terre. Les plaques de ferraille, chargées de maintenir un soubassement d’abri, étaient-ils nécessaires ?

Le lavoir en travaux

Déjà pendant les travaux, on devine, en août 2010, que cet ouvrage subit toujours une pollution dont on connait la cause. Les eaux pluviales, de la rue St Georges, chargées en huiles moteurs, se déversent, toujours, dans le lavoir.

Faute de n’avoir pas voulu chercher une autre solution qui consistait à détourner ces eaux usées, les mêmes causes produisent les mêmes effets. Ces nitrates, qui s’étalent sous forme d’algues, auraient pu  être supprimées, aussi, par un déshuileur que les services techniques auraient été chargés d’entretenir plutôt que d’écumer la surface par périodes. Ce n’était pas le même prix et nous le savions.

Les mêmes causes...

Les mêmes causes produisent les mêmes effets et lorsque cela devient affreux, on ne peut qu’être triste.

Le lavoir fleuri

On peut y mettre le fleurissement : je ne suis pas convaincu, malgré le travail des services techniques qui y ont mis tout leur cœur.

Peut-on accorder les palmes Romilloises à l’élu, responsable, qui a conduit de tels travaux et à un maire qui a validé par une plaque commémorative ?

Les vices de forme

C’est une synthèse des vices accumulés. Ce n’est pas du développement durable. Il faudra y revenir.

Lorsque mon projet, en 2007, de 140 000€ paraissait être les eaux de Versailles : nous sommes déjà à plus de 80 000€, sans compter celui des services techniques.

Il coutera plus cher. L’avenir nous le dira.

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